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L'histoire de Karine Icher
Mes débuts
C'est a l'âge de 9 ans que j'ai pris pour la première fois un club de golf dans mes mains.
Apres 5 ans de danse classique, 1 an de tennis, je n'arrivais pas à trouver un sport qui me plaisait vraiment. Et un jour de printemps, accompagnée de mes parents, nous sommes allés à une porte ouverte au Golf de Villedieu. Habitant à seulement 10 minutes, ce fut une occasion de passer une après-midi sympa près de la maison et d'essayer ce sport qui m'était alors complètement inconnu ! J'étais bien loin de me douter que la petite balle blanche allait devenir ma passion et mon métier !
Ironie du sort, le prof du golf du Val de l'Indre était un vieil américain, John Kantor. Il avait à l'époque 75 ans bien tassés, et parlait français comme une vache Espagnole! Je comprenais 1 mot sur 3, mais il avait su passer le message à mes parents comme quoi, il était bon de me faire persévérer dans ce sport....
Mes parents ont écouté le vieil américain, et m'on inscrite a l'école de golf. Le directeur du golf à l'époque Serge levy m'avait pris lui aussi sous son aile et me donnait de temps en temps quelques conseils. J'en ai passe des heures au practice, à pleurer de rage et de fatigue car mes balles ne partaient pas droit ! Et puis les années ont passées, j'ai commencé à faire des compétitions de club, puis de région. Très vite, j'ai été sélectionnée dans les équipes de Ligue, ayant eu des résultats au niveau régional, j'ai pu faire des compétitions nationales, et ainsi de suite. J'ai eu ma première sélection en équipe de France a l'âge de 12 ans, pour le championnat du monde des moins de 14 ans, le Topolino, en Italie, ou j'ai fini 4ème.
Toute mon adolescence était vouée au golf et à l'école. Grace au golf, qu'est ce que j'ai pu en louper des heures de cours ! A mon grand bonheur d'ailleurs ! Je séchais même les heures de sport à l'école pour aller au golf ! C'était déjà devenu ma passion ! Cumulant les bons résultats et sélections en équipe de France (environ une vingtaine dont deux championnats du monde), j'ai pu grâce à la Fédération Française de Golf, acquérir les meilleures bases nécessaires au sport de haut niveau. Je dois aussi beaucoup a tout mon entourage, mes parents, mon club, mon pro de club - Valery Dufresne - et mon pro de ligue - Thierry Vandooren - qui ont su me pousser vers le haut du tableau.
Et a l'âge de 17 ans, j'ai pris la décision de faire de ma passion mon métier. Mes parents m'ont toujours soutenue, a une condition, les études en parallèle. J'ai donc passe mon bac a 18 ans, puis j'ai fait un DUT de gestion, et passe mon BE1, pour avoir une porte de sortie si joueuse de golf professionnelle ne marchait pas.
Apres un titre de championne d'Europe en 1998 puis championne du monde en 1999, a 20 ans , j'ai résilie mon statut amateur, pour passer pro, et passer les cartes du circuit européen.
Epreuve réussie puisque je les ai gagnées, et j'ai donc entamé ma première année professionnelle a l'âge de 21 ans, sur le circuit européen.
Premières années sur le circuit Pro
2 victoires ma première année, mes objectifs étaient pleinement remplis. Cette vie me plait, c'est une certitude, mais j'ai encore un rêve : aller jouer sur le grand circuit, le circuit américain, là ou sont toutes les grandes de ce monde ! Mais pas trop vite, inutile de se bruler les ailes. L'aventure américaine trotte dans ma tête souvent, moi qui avais refusé à 16 ans une bourse complète pour aller jouer et étudier à la prestigieuse université américaine UCLA, en Californie.
J'étais trop jeune à l’époque, fille unique, pas prête à quitter le cocon familial. Cette fois ci, j'étais bien déterminée à ne pas laisser passer ma chance une autre fois.
Et c'est en 2003 que j'obtiens un accès partiel sur le circuit américain. Partiel car n'étant pas dans le quota des 20 joueuses qualifiées sur les 400 qui se présentent chaque année, je ne pouvais jouer que quelques tournois. Je décide donc de me concentrer sur le circuit européen, acquérir une certaine expérience pour atteindre le niveau que je m'étais fixé.
Je m'aguerrie donc en Europe, affute mes clubs, joue une Solheim Cup, gagne 5 tournois et en 2005 reçois un coup de téléphone de la LPGA pour me prévenir que je peux jouer un tournoi sur le circuit américain !
En route pour les Etats-Unis !
Ni une, ni deux, je boucle mes valises, et me voila partie avec mon cadet de mari jouer le Corona Championship au Mexique, tournoi faisant partie du circuit américain.
Cette semaine, ma petite étoile brillait au dessus de ma tête ! Je termine 2ème, et gagne suffisamment de points pour jouer à plein temps sur le circuit américain ! Mon rêve devenait enfin réalité !
Je termine donc ma saison 2005 aux Etats-Unis, dans les 30 premières du classement. Ca y est, ma carrière est lancée outre Atlantique. Comme quoi, souvent des grands événements d'une vie ne tiennent pas a grand chose !
Et cela fait maintenant 5 ans que je vis au pays de la démesure ! Le niveau augmente d'année en année, et une remise en question est indispensable quand les choses ne tournent pas rond. Mes objectifs sont désormais de gagner aux Etats-Unis, mon meilleur résultat reste l'argent, et je cours toujours après l'or.
Je suis basée en Floride, a Orlando tout près de l'Academy Leadbetter , la ou je m'entraine. La météo y est si clémente ! Jouant désormais à plein temps sur le circuit américain, je ne rentre que très rarement en Europe, à mon grand désespoir ! Mon pays, ma famille, mes amis me manquent, mais c'est le prix à payer pour jouer dans la cour des grandes.
J'ai beaucoup de chance d'avoir mon mari à mes cotés, pour m'épauler, m’encourager, et aussi me cadeyer ! Car seule, cette aventure ne serait pas possible. Nous jouons environ 25 tournois par an, de février à novembre. Les 2 mois off sont voues a l'entrainement technique et physique.
Cette vie est parfois épuisante. Toujours entre deux valises, des heures, des jours passés dans les avions, les chambres d'hôtels deviennent des « chez soi ambulants », on change nos montres d'heure parfois toutes les semaines, mais je dois dire que j'ai une chance inouïe d'avoir fait de ma passion, mon métier.....



